Le Yoga et la course à pied

Au cours d'une course, la force de l'impact sur chaque pied est d'environ trois à quatre fois votre poids. Il n'est pas étonnant, alors, d'entendre les coureurs se plaindre du dos, des chevilles et des genoux
Bien que le yoga et la course sont deux pratiques différentes, les deux ne doivent pas être mutuellement exclusifs. En fait, la course et le yoga font un bon mariage de force et de souplesse.

Demandez à des coureurs s’ils s’étirent et vous tomberez occasionnellement sur un qui vous dira « oui, je m’étire après chaque footing ». Toutefois, la plupart vous répondrons « Je sais que je devrais mais… ».

Voulant passer le plus de temps possible sur la route, prendre du temps pour s’étirer n’est pas une priorité. Les kilomètres défilent, les courses sont euphorisantes, puis un jour on ressent une gène. Malgré tout, on n’y pense pas trop et on espère qu’on pourra continuer à courir. Un jour la gène devient douleur et on décide finalement de la soigner. Le yoga peut alors apparaître comme une thérapie et surtout comme un moyen de récupérer un corps en bonne santé permettant de courir comme avant.

Lors de la course, certains groupes de muscles sont utilisés en continu et de manière répétitive, ce qui à long terme raccourci les muscles. Si ces muscles ne sont pas étirés, ils finiront par réduire la souplesse des articulations associées, créant ainsi un désalignement du corps ce qui le rendra plus enclin aux blessures.

Sans mouvements d'opposition, le corps va compenser pour éviter les blessures en travaillant autour de l'instabilité. La compensation impose un stress sur les muscles, les articulations et le système squelettique entier.

L'étirement des muscles est indispensable pour les allonger. Si d'un côté, il est impossible d'allonger un muscle au-delà de sa longueur normale, de l'autre côté, tous n'ont pas conservé leur maximum d'élasticité. En effet, Chez le sédentaire non sportif, parce qu'il manque de mouvement et que tout muscle dont on ne se sert pas tend à se rétrécir. Chez le coureur, pour la raison inverse : des muscles trop souvent contractés deviennent globuleux, durs et moins longs qu'ils ne devraient l'être. Par conséquent, les exercices d'étirements et le yoga permettent de libérer au maximum toutes nos articulations et de redonner souplesse à notre corps.

Les coureurs font surtout travailler les jambes. Le yoga, qui utilise tous les muscles du corps, en particulier les muscles stabilisateurs si souvent négligés, rend les articulations plus solides et améliore le mouvement de la course.

Tenir une posture de yoga est physiquement exigeant, cela constitue donc un excellent moyen de développer une endurance musculaire, une des préoccupations majeures d’un bon coureur.

Le yoga renforce donc les articulations et développe la musculature où les coureurs en ont le plus besoin ; au niveau de l’abdomen, du bas du dos et des fessiers. Il améliore aussi la puissance, la capacité aérobie et le fonctionnement des poumons. Cette pratique aide aussi le corps à se débarrasser des déchets accumulés dans les muscles et améliore l’acte respiratoire, ce qui est particulièrement utile pour les coureurs qui ont généralement une cage thoracique étroite. Enfin, il développe la concentration ce qui bénéficie grandement au coureur lorsqu’il doit puiser profondément pour atteindre ses objectifs.

En plus de contrer physiquement les problèmes, le yoga enseigne la connaissance de son corps. Vous développez une meilleure compréhension de votre organisme, vous êtes alors capable d'écouter et de répondre aux messages que ce dernier vous envoie. Cela est particulièrement important dans la course à pied, où le corps produit beaucoup d'endorphines. Ces endorphines peuvent masquer la douleur et l'apparition de lésion.

Le calme que vous tirer de la pratique du yoga vous permet de gérer et d’économiser votre énergie. La respiration consciente et les exercices de pranayama, qui apaisent le système nerveux sympathique, parasympathique et détendent le corps, est très bénéfique pour les coureurs. Avec le pranayama et les asanas, vous pouvez maximiser la circulation sanguine à travers votre corps. Une pratique assez vigoureuse du yoga peut augmenter votre capacité d’oxygène.

Les coureurs ont tendance à considérer la course comme une mission, une lutte contre les éléments, contre leurs limites physiques. Ils développent ainsi de la discipline et du self-contrôle. La fusion entre le corps et l’esprit à laquelle le yoga donne accès améliore la capacité du coureur à atteindre ses buts et à passer à un niveau supérieur de performance.

Emmanuelle Royer

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